Beaucoup de sujets ont été abordés dont celui de la Motte-Sanguin.
Vous trouverez ci-dessous le texte d'un commentaire de cette assemblée posté sur le blog Côté Boulevard
-À propos de l’assemblée générale des quartiers Carmes-Bannier et Bourgogne-République du 6 avril 2009.
La municipalité fait de réels efforts de communication. Elle
multiplie les instances de concertation, les comités, les ateliers, les
forums. Mais n’est-ce pas au risque d’élaborer une véritable
usine à gaz. La réunionite aiguë ne sert souvent qu’à
se donner bonne conscience et à se couvrir.
L’assemblée générale des quartiers Carmes-Bannier
et Bourgogne-République du 6 avril dernier a montré ses limites
du fait même de la nécessité dans une assemblée aussi
nombreuse et variée d’organiser les débats pour que le plus
grand nombre possible puisse s’exprimer sans que la réunion ne
se termine à pas d’heure.
Le schéma de ce type de grand messe est donc forcément simple
et réducteur : intervention de la salle (sous forme de questions précises,
d’avis construits et argumentés, de revendications musclées,
d’inquiétudes légitimes, de cirage de pompe ou pour ne pas
dire grand-chose) - réponse du maire et/ou d’un des élus
présents sur l’estrade (sur le mode pédagogique ou compassionnel)
- point final.
Dans ces conditions il ne peut y avoir de véritable échange et
il est loisible aux élus de contrôler n’importe quel auditoire,
d’autant plus aisément que tant M. le Maire que son Premier Adjoint
ou M. le Président de l’Agglomération manient le verbe avec
un indéniable talent.
Beaucoup sont donc sans doute sortis de cette assemblée un peu frustrés
à un titre ou à un autre.
J’en suis car sur le sujet de la Motte-Sanguin, que je connais un peu
moins mal que les autres, les réponses de M. Carré n’ont
guère satisfait mes attentes. Il est vrai qu’il doit considérer
ce sujet comme de peu d’importance ou résolu puisque lors de son
exposé du panorama des opérations d’urbanisme de la ville
lors du conseil municipal du 27 mars 2009 il l’avait de son propre aveu
oublié.
C’est ainsi qu’on ne sait toujours pas pourquoi la vente des lots
privatisés du site de la Motte-Sanguin à la société
OGIC, vente qui devait intervenir au plus tard le 30 septembre 2008 sous peine
pour la ville d’avoir à verser 243000 € à la société
OGIC, n’interviendra qu’à l’automne 2009…sans
doute. M. Carré a cru devoir invoquer les recours qui ont fait que le
site ne s’est trouvé libre de toute incertitude que « depuis
à peine un an ». Or le jugement définitif sur les recours
engagés a été signifié le 18 juin 2007.
C’est ainsi qu’on ne sait pas pourquoi les permis de construire
délivrés le 26 décembre 2007 au bénéfice
de la société OGIC ont été modifiés le 9
mars 2009 réduisant le ratio nombre de parkings/nombre de logements des
1,8 % initialement prévus à 1,4 %. Modification pour le moins
inopportune dans un quartier complètement dépourvu de parkings
de proximité, sauf à espérer que, comme certains l’ont
proposé ou le proposent, l’on creuse des parkings sous le boulingrin
de la Motte-Sanguin ou sous la butte qui mène au pont Thinat !
C’est ainsi qu’on continue à se demander comment, selon M.
Carré, peut d’ores et déjà être commencée
(par qui ?) la commercialisation des logements ou du complexe hôtelier
à construire sur des terrains qui appartiennent encore à la ville,
donc aux Orléanais.
Contrairement à la municipalité qui prétexte des recours
introduits par quelques uns (« des agités du bocal ») pour
justifier le retard à la mise en œuvre de son projet dit de réhabilitation
du site, je pense que les choses auraient été beaucoup plus rapides
et beaucoup plus simples si la municipalité avait en son temps renoncé
à sa lâche détermination de se défausser de la restauration
du château, monument historique, et de démembrer et réduire
considérablement le parc qui l’entoure. Ce parc est interdit au
public depuis mars 2005. M. Carré a cru bon d’évoquer sa
possible réouverture mais que…compte tenu de ceci et de cela etc…Pourquoi
n’a-t-il pas dit tout honnêtement que le parc ne peut plus être
rendu à son usage public parce qu’il a été déclassé
du domaine public ?
Et qu’on ne vienne pas nous redire que le maintien du château dans
le domaine public et sa restauration auraient coûté beaucoup trop
d’argent à la ville quand on voit qu’elle a les moyens de
mettre dans les tuyaux des projets autrement onéreux comme par exemple
le très grand équipement sportif ou l’alignement de la rue
des Carmes, deux projets destructeurs de patrimoine historique et d’espaces
naturels, plutôt paradoxaux venant d’une ville qui s’enorgueilli
d’avoir obtenu le label « Ville d’Art et d’Histoire
» et ne cesse de proclamer son attachement à la défense
des espaces verts.
Qu’on ne vienne pas non plus nous redire que la prise en charge de la
restauration du château par la Ville aurait en plus induit des frais de
fonctionnement pour assurer son gardiennage quand on voit chaque jour les deux
employés payés surtout à s’ennuyer dans les cabanes
de chantier qui tiennent lieu de capitainerie du port.
L’important sujet de l’alignement de la rue des Carmes n’était
même pas évoqué dans le sympathique film de présentation
des réalisations et des projets qui nous a été passé
en début de séance. Il est bien sûr venu sur le tapis. Là
encore je me demande, même en essayant loyalement de me projeter dans
cinq ou dix ans quand le site de l’hôpital Porte Madeleine sera
transformé et ouvert sur la ville, comment notre municipalité
peut envisager de démolir, qui plus est à très grands frais,
un patrimoine historique que les bombardements de juin 40 et mai 44 ont par
miracle épargné. Sur ce sujet on ne peut que conseiller la lecture
des trois excellents papiers parus sur le blog "Place de l'Étape"
en cliquant
ICI
En définitive il faut rendre à notre municipalité justice
d’avoir transformé le centre ancien et les quais de Loire, ce dont
tout le monde se félicite. Il faut aussi reconnaître qu’elle
prête une oreille attentive aux problèmes quotidiens des habitants
(poubelles qui débordent, pavage des rues où on se tord les pieds
à chaque pas, ramassage des crottes de chiens…) et on comprend
qu’elle ne puisse tous les résoudre en même temps.
Pour autant il n’y a pas lieu de s’épandre en laudes inconditionnelles.
Sur ses projets lourds d’urbanisme la municipalité restera très
vraisemblablement, et sous couvert d’un semblant de concertation, très
ferme dans ses intentions.
Dès lors quelle solution pour celles et ceux qui s’acharnent à
défendre une autre conception de la conservation du patrimoine architectural
et naturel de notre ville que la solution du recours en justice, même
si cette solution n’est, il est vrai, pas très satisfaisante pour
l’esprit et plutôt aléatoire et même si certains ne
manquent jamais de la stigmatiser ? -