La reconduction le 16 mars 2008 de M. Serge GROUARD au fauteuil de Maire d'Orléans met sans doute fin aux espoirs que nous avions de voir modifier le projet en cours pour le site de la Motte-Sanguin.
Il faudrait un miracle pour que notre Maire qui qualifiait son projet de "magnifique" renégocie maintenant les termes des contrats signés avec le promoteur auquel il va vendre le site et en particulier le château et son parc.
Une renégociation avec le promoteur serait pourtant encore possible, et d'autant plus que l'obligation faite à celui-ci de restaurer le château est pour lui sans doute plus un boulet sur le plan financier qu'autre chose.
Mais notre Maire tout fraîchement réélu ainsi que son adjoint à l'urbanisme peuvent-ils maintenant revenir sur l'approche qu'ils ont eu du problème ? Il est à craindre que non, non que ce ne soit possible mais parce qu'ils ne le voudront pas.
Peuvent-ils maintenant considérer qu'il ne suffit pas de subventionner la restauration des façades du centre historique d'Orléans et de vendre, pour assurer leur restauration, des édifices classés "monument historique" pour faire une politique patrimoniale digne d'une capitale régionale aspirant au label "Ville et pays d'art et d'histoire" ? On en doute.
Peuvent-ils envisager que la Ville aurait intérêt, pour les habitants actuels et futurs du quartier, pour tous les Orléanais, pour les clients du futur complexe hôtelier, pour les touristes, à la fois en terme de qualité de vie, d'environnement et en terme d'attractivité touristique à prendre en charge la réhabilitation d'un des rares édifices classé en totalité que la Ville possède et à rendre à son usage de jardin public l'essentiel d'un parc fermé depuis trois ans ? C'est peu probable.
Peuvent-ils imaginer qu'on pourrait ne garder du projet en cours que ce qui est sans nul doute bon pour donner un regain de vitalité et de qualité de vie à un quartier d'Orléans un peu en déshérence, à savoir la construction d'un complexe hôtelier et de logements et une liaison paysagée sud-nord entre les parties basse et haute du site ? Sans doute oui, mais ils ne s'y arrêterons pas.
Peuvent-ils imaginer qu'on pourrait créer un petit square de plein pied avec le quai et assurer sa liaison avec le parc du château par un escalier et , comme à la Charpenterie, un ascenseur qui permettrait aux personnes à mobilité réduite et aux mamans avec enfants en bas âge et poussettes d'accéder à l'esplanade du château ? Sans doute oui, mais ils ne le voudront pas.
Peut-on penser qu'ils ont entendu les riverains du site ? Certainement non.
Peuvent-ils faire marche arrière, considérer qu'au moins sur un point leur démarche a été beaucoup plus celle de financiers que d'humanistes gardiens du patrimoine architectural et naturel de leur ville au profit de tous ? On voudrait le croire ; il n'y aurait pas de honte, bien au contraire.
Les Orléanais devront donc sans doute bientôt faire leur deuil de ce château, joyau architectural de la fin du 18ème siècle, qui sera privatisé et de la partie la plus spectaculaire du parc, l'esplanade qui, elle aussi privatisée, leur sera devenue définitivement inaccessible.
C'est vraiment dommage !!!