Commentaire suite à la parution sur le blog de Fansolo d'un tract du même tonneau que celui que vous pouvez voir ici :
Le même genre de tract a été distribué dans le quartier
de la Motte-Sanguin.
Monsieur le Maire s’y engage à restaurer le château.
Il se garde de préciser que ce n’est pas lui qui restaurera le château
mais le promoteur, la Société OGIC, auquel il aura vendu ce très
remarquable et rare témoin à Orléans de l’architecture
de la fin du 18ème siècle, classé « monument historique
» extérieur et intérieur, pour le livrer à la découpe
en quatre appartements de grand luxe.
Il deviendra impossible de faire de cet édifice un lieu public ouvert à
tous (bibliothèque de quartier, lieu d’exposition permanente et/ou
temporaire etc…)
Monsieur le Maire s’y engage aussi à « créer un véritable
jardin public ouvert depuis l’impasse Notre-Dame du Chemin jusqu’à
la Loire ».
Il oublie de préciser que pour ce faire il aura amputé, démembré,
morcelé et dénaturé le parc actuel qu’il a fait déclasser
de son classement en « espace boisé à conserver » et
qui, chose rare, nous est parvenu depuis sa création dans sa quasi intégralité.
Il oublie aussi de préciser que pour ce faire il aura vendu au même
promoteur une bonne part du parc actuel dont la partie la plus spectaculaire,
à savoir la vaste esplanade (appelée aussi boulingrin) qui s’étend
devant le château, plein Sud, avec vue imprenable sur la Loire.
Il ne sera plus possible aux riverains, aux Orléanais et aux touristes
de passage de profiter de cette esplanade ni pleinement du parc qui reste, pour
le moment, le plus vaste espace vert d’Orléans intra muros.
Dans le même temps qu’il brade au seul bénéfice de quelques
particuliers fortunés ce potentiel petit joyau que notre Ville a la chance
de posséder M. le Maire demande pour Orléans le label « Ville
et pays d’art et d’histoire » (conseil municipal du 25 janvier
2008 – délibération N° 26). C’est incohérent.
Le principal candidat de l’opposition ne revient pas sur le projet d’un
complexe hôtelier ni sur le projet de construction de 56 logements dans
le bas de la rue Solférino et le boulevard de la Motte-Sanguin. Il sait
ce que ces projets peuvent apporter de regain d’activité pour le
quartier et la Ville.
Par contre il s’engage à restaurer le château et à le
maintenir dans le domaine public ainsi qu’à rendre à l’essentiel
du parc son usage de jardin public, alors que la municipalité actuelle
en a interdit l’accès depuis trois ans et l’a laissé
quasi à l’abandon.
Cette conservation dans le patrimoine public d’un monument historique remarquable
et de son parc ne peut être qu’un plus en terme de qualité
de vie pour les riverains et promeneurs Orléanais des quais ainsi qu’en
terme d’attractivité touristique.
À chacun de choisir librement son candidat, mais pour tout Orléanais
attaché au patrimoine architectural et naturel de sa Ville le choix devrait
être vite fait.
Michel Coville 1er mars 2008
PS : M. le Maire parle aussi de la Motte-Sanguin dans son blog de campagne. Inutile de poster un commentaire qui n'irait pas dans le sens de ses idées ; il ne sera pas mis en ligne. C'est en tout cas l'expérience que j'en ai et c'est peut-être ce qui explique le très petit nombre de commentaires qu'on peut lire sur ce blog.
RÉPONSES
Réponse de Laudes le 3 mars 2008
J'apprécie votre combat courageux pour préserver ce qui aurait pu être un beau joyau du patrimoine communal. Mais ce combat vous égare.
Qui a laissé le château à l'abandon pendant deux mandats pleins, au point d'en faire une ruine, où il est dangereux de s'aventurer ? Qui a laissé tout le patrimoine religieux du centre ville d'Orléans à l'abandon et qui l'a restauré ? Qui a enfin commencé les travaux de l'Hôtel Groslot, abandonné lui aussi depuis 150 ans à ses fissures ? Qui va enfin trouver une solution pour la Bibliothèque Dupanloup ? Qui a rendu ses belles façades à Orléans ?
Je vais être méchant en mettant au passif de Monsieur Sueur la dénaturation d'une partie de nos rues avec de beaux caténaires de tram, un pont qui empêche les piétons et les vélos de circuler normalement, une médiathèque qui coûte plus de 70.000 euros par an, pour nettoyer ses carreaux, un pont de l'Europe mal placé et qui aboutit dans les champs des maraîchers, des "Maisons bleues" boulevard de Verdun, des halles qui n'abritaient que des courants d'air, un stade des Montées, un dojo mal conçu, le carrefour du tram face au Zénith...
L'urbanisme, c'est faire des choix. Ne pas mettre le tram n'importe où. Le considérer comme un moyen de transport rapide et non comme un tortillard. Densifier l'habitat en centre ville. Limiter les "zones pavillonaires". Favoriser la mixité de l'habitat et des lieux de travail. Arrêter de couper la ville en deux par une autoroute urbaine. Orléans Centre est vraiment ridicule par rapports aux autre capitales régionales, avec ses bâtiments h+2 ou +3, ses rues étroites, ses maisons qui datent de trois siècles, sans que l'on sente l'amorce d'un renouvellement depuis la dernière guerre.
Son enserrement dans ses banlieues est catastrophique. Orléans est une ville conservatrice et frileuse.
Ni Monsieur Sueur, ni Monsieur Grouard n'ont hélas proposé de faire le grand Orléans, seul susceptible de relancer une vraie dynamique de capitale régionale. Qui aura le courage de fusionner les communes de l'Agglo ?
Réponse de Minijack le 4 mars 2008
On comprend très bien que le docteur Coville, qui, renvoyant en fin de
compte les deux candidats dos à dos en trouvant tout bien ce qu'ils ont
fait respectivement l'un et l'autre, choisit pour finir sa lettre ce petit chapitre
sur le Château de la Motte Sanguin.
Son commentaire est dicté par une logique toute personnelle, qui défend
son propre intérêt de riverain le plus exposé aux inconvénients
du changement. Dans ce cas, mieux vaut rester bien avec les deux candidats en
lice (on ne sait jamais) tout en dénigrant le seul point qui lui pose problème
à lui personnellement.
Il préférait sans doute quand ce château tombait en ruines...
Encore quelques années et il serait tombé tout seul, ce qui aurait
évité à la Ville de trouver les moyens financiers de le
restaurer, mais qui aurait surtout évité au docteur Coville d'avoir
des bétonneuses et un carrousel de camions durant un ou deux ans juste
à côté de sa maison...
Grossir les inconvénients publics pour amoindrir les avantages d'une
telle opération est un procédé vieux comme le monde qui
sert parfaitement les intérêts privés de ce bon docteur,
et c'est en effet de bonne guerre dans ce cas... On le comprend volontiers et
on compatit... mais qui saurait faire une omelette sans casser d'oeufs ? Il
est difficile d'avoir le beurre et encore l'argent du beurre et vouloir en plus
de se délecter du gâteau...
C'est toujours le même problème à Orléans comme ailleurs, on veut bien des réformes ou des travaux, ou même des immigrés ou des péripatéticiennes, mais toujours un peu plus loin chez le voisin, jamais devant sa porte...
RÉPONSES AUX RÉPONSES
Réponse à Laudes le 4 mars 2008
À Laudes xxx ?
Bien que plus tout jeune je ne crois pas être encore gâteux au point de m’égarer dans un combat douteux.
Qui a laissé le château à l’abandon depuis son acquisition
par la Ville en 1974, soit 34 ans ou si vous préférez 27 en supposant
que Monsieur Grouard se soit ému de cette situation à peine installé
?
Réponse : toutes les municipalités qui se sont succédées,
12 ans de municipalité de gauche, 15 ans de municipalité de droite.
Ce n’est pas glorieux ; renvoyons les dos à dos.
Personne ne dénie à M. Grouard son action pour redonner au cœur
historique de notre Ville un éclat qu’il avait perdu en pavant,
piétonnisant, éclairant les rues et en faisant obligation aux
propriétaires de rénover leurs façades avec des subventions
de la municipalité.
Qui regrette, comme vous semble-t-il, “les bâtiments h+2 ou +3,
les rues étroites, les maisons qui datent de trois siècles”
de notre Centre Ville et qui souhaiteraient que nos maisons à pans de
bois soient remplacées par des tours ?
Personne ne dénie que l’aménagement des quais, auquel l’agglo
a largement participé, ne soit une réussite, même si plus
de 12 mois de travaux ont été un peu pénibles pour les
riverains, même si on est encore loin de la réouverture du canal,
même si la « capitainerie » ressemble à un alignement
de cabanes de chantier et même si on peut regretter un Inexplosible qu’on
ne voit guère du quai, qui ne navigue pas, qui ne semble guère
fréquenté et qui aura coûté, si j’ai bien compté,
environ 14 ans de lavage des vitres de la médiathèque. Personne
ne peut faire grief à Monsieur Grouard ni à Monsieur Sueur de
ce que les berges de notre Loire n’aient pas à Orléans,
comme vous l’aimeriez sans doute, la majesté, la « classe
» de celles de Paris, Lyon ou Bordeaux. Nous ne jouons pas, toute Capitale
Régionale que nous soyons, dans la même cour.
Y a-t-il aujourd’hui beaucoup d’Orléanais pour regretter
le Tram ? J’en doute.
N’y en a-t-il pas beaucoup pour souhaiter que la deuxième ligne
se fasse rapidement sans pour autant démolir la rue des Carmes et supprimer
la trémie Jean Jaurès ? J’en suis sûr.
Y a-t-il beaucoup d’Orléanais pour regretter la médiathèque,
bel exemple d’architecture contemporaine réalisé par un
architecte français de renom international ? Certainement pas celles
et ceux qui la fréquentent. Bien sûr il faut laver les carreaux
et comme c’est plus grand que chez vous ou moi ça coûte,
certainement moins tout de même que le lavage de la pyramide du Louvre
si contestée en son temps et à laquelle tout le monde ou presque
s’est habitué jusqu’à la trouver belle.
Qui peut regretter qu’Orléans se soit doté d’un Zénith,
équipement d’envergure régional s’il en est, même
si les abords en sont pour l’heure peu engageants et difficiles.
Piétons et cyclistes peinent sur le pont Georges V. Raison de plus pour
faire une passerelle qui leur sera réservée.
Mais arrêtons d’aligner sempiternellement ce que les uns ou les autres ont ou n’ont pas fait pour notre Ville. Chacun y a en son temps apporté sa pierre pour la rendre plus confortable et plus avenante. Revenons à notre sujet.
Je persiste à penser qu’une municipalité qui préfère
vendre à un promoteur un édifice remarquable, chargé d’histoire,
classé « monument historique » pour le livrer à la
découpe plutôt que de le garder dans le patrimoine de notre Ville,
donc dans notre patrimoine à tous, n’est pas digne de demander
dans le même temps pour Orléans le label « Ville et pays
d’art et d’histoire »
Je persiste à penser qu’il est incohérent de la part d’une
municipalité qui n’a cessé de proclamer son attachement
au patrimoine naturel de déclasser un parc historique, classé
« espace boisé à conserver » et de réduire
ce parc, selon ses propres mots, « aux dimensions d’un square de
quartier » alors que ce parc est le plus vaste espace vert d’Orléans
intra muros.
Je persiste à avoir du mal à faire confiance à un candidat
qui, au moins sur ce sujet, avance masqué en ne disant jamais explicitement
dans aucun des documents ou tracts qu’il distribue généreusement,
ni dans son blog de campagne, que son projet est de réserver à
quelques particuliers fortunés le château et la plus belle partie
du parc. Sans jamais dire non plus que dès lors il ne sera plus possible
de faire du château un lieu public ouvert à tous. Sans jamais dire
enfin que dès lors il ne sera plus possible pour quiconque n’aura
pas une clé d’un des quatre appartements du château de se
promener sur son esplanade, de se dorer au soleil du sud sur sa pelouse, d’admirer
ses amandiers en fleurs, de profiter de sa vue imprenable sur la Loire.
J’ai aussi quelque peine à faire confiance à un candidat
qui ne met pas en ligne sur son blog de campagne les commentaires n’allant
pas dans son sens [voir http://motte-sanguin.com (dans la rubrique Actualités)]
Je persiste à penser qu’en l’espèce le choix fait
par l’actuelle municipalité est un choix mauvais pour ne pas dire
exécrable, et en tout cas misérable pour une Ville qui se veut
Capitale Régionale et devrait avoir à cœur de valoriser au
profit de tous son patrimoine architectural et naturel.
Bien cordialement.
Michel Coville
PS : Quant à fusionner les communes de l’agglo ? Cela ne me paraît
pas du seul pouvoir du Maire d’Orléans quel qu’il soit. Quand
on sait qu’en France, pays aux 36000 communes, de minuscules communes,
même quasi jointives, refusent de fusionner pour garder leur pré
carré et en vertu du principe que mieux vaut être petit chez soi
que grand chez les autres…Faut pas trop rêver !
Réponse à Minijack le 4 mars 2008
À Minijack
De votre part ce commentaire me surprend.
Je vous connaissais, par votre Gazette et vos sites, la plume alerte, parfois
inonoclaste, souvent caustique, plutôt joyeuse mais jamais lourdaude et
ficelarde.
Alors là....bonjour le paquet !
Réduire une opinion contraire à la vôtre, sur un problème
de fond touchant à l’idée qu’il serait, à mon
avis, souhaitable d’avoir quant à la politique patrimoniale d’une
capitale régionale, à une affaire de “logique toute personnelle”
et de bétonneuse !... quelle ridicule et bien médiocre mesquinerie
!
Aurais-je mal jugé votre talent ? Ou, en cette période électorale,
n’arriveriez vous plus à sortir la tête des boxes à
voitures que vous appelez, à juste raison, si souvent de vos voeux ?
Votre vivacité, Minijack, vous conduit à un argumentaire d’une
rare faiblesse.
Si vous vous étiez un peu renseigné (voir http://motte-sanguin.com)
vous auriez su que, comme vous, j’attends avec impatience que le château
soit réhabilité par des travaux nécessaires et de plus
en plus urgents.
Vous auriez aussi appris que je sais très bien, tout comme vous, le regain
d’activité que la construction d’un complexe hôtelier
et de logements pourra apporter à cette partie Est d’Orléans
un peu en déshérence, même si les travaux gêneront
quelques riverains, mais sans doute pas plus et plutôt moins que les douze
mois de travaux sur les quais avec leur cortège de pelleteuses, de bétonneuses,
de marteaux-piqueurs et de trottoirs éventrés.
De toutes façons, quel que soit le candidat élu, ces travaux se
feront. Mais il y aura à leur terme une différence, et de taille
: dans un cas les Orléanais garderont le château et l’essentiel
de son parc dans leur patrimoine commun, dans l’autre ils pourront faire
leur deuil d’un des rares édifices classés en totalité
d’Orléans et ne pourront plus aller se promener sur le boulingrin,
à moins d’avoir la clé d’un des quatre appartements
du château.
Mais après tout ce blog vous permet de dire ce que vous pensez, fût-ce
n’importe quoi. C’est bien et ce n’est pas le cas du blog
de campagne de votre candidat.
Un dernier flash me traverse. Votre virulence un peu rase-mottes ne vient-t-elle
pas de ce que vous sentez bien au fond de vous-même que le projet de l’actuelle
municipalité pour le château est un mauvais projet, un projet petit-bras,
mais sans pouvoir ou vouloir, comme sans doute aussi quelques membres de la
majorité municipale, ni vous l’avouer, ni le dire ?
Michel Coville
Si vous en voulez encore : la suite...