"Merci docteur Coville de
m'avoir répondu et je préfère quand vous écrivez que pendant les deux mandats
qui ont précédé celui de Monsieur Grouard, il n'a rien été fait pour sauver ce
château. Donc renvoyons dos à dos les deux candidats, comme vous le dites si
bien !
L'un a choisi, en partie sous la pression des riverains, une solution qui
permettra peut-être de conserver l'entier bâti historique, tout en lui donnant
une nouvelle vie. Je comprends que vous ne soyez pas d'accord avec le fait de
livrer une partie de cet ensemble historique à un promoteur.
L'autre camp choisit maintenant, après 19 ans de "réflexion" de faire le
contraire de ce qu'a choisi son adversaire. Ce n'est pas son amour des vieilles
pierres qui le guide, mais le désir de se démarquer et de récolter quelques voix
de mécontents. Bien entendu on n'indique pas comment on va financer la
rénovation, voire indemniser le promoteur, pour toutes les études qui ont été
menées et on n'est pas trop clair sur le maintien ou non du projet d'hôtel 4
étoiles et de résidence hôtelière.
Pour moi, l'intérêt historique du bâtiment qui menace ruine n'est pas tel que le
contribuable doivent débourser de pareilles sommes, pour bénéficier d'un "lieu
culturel" mal adapté et sans parking.
S'il y a de l'argent à mettre, c'est dans la restauration de l'hôtel de
l'évêché, rue Dupanloup. L'idée d'en faire une salle des thèses et le siège du
service international de l'Université me convient parfaitement, à condition
qu'il puisse être accessible régulièrement aux visiteurs et que le jardin de
l'évêché soit rendu accessible en permanence aux familles et aux promeneurs,
malgré la présence d'une synagogue et l'existence du plan vigipirates.
Oui, il ne faut pas figer l'urbanisme, sous prétexte de préserver
l'environnement de la cathédrale. Bien sûr qu'il faut préserver les témoignages
des siècles passés, mais il faut aussi savoir être sélectifs. Refaire les
façades à pans de bois et laisser les cours vétustes et les bâtiments à
structure en bois qui s'entrelaçent, c'est très dangereux. Une petite grand-mère
vient de voir les 4 étages de sa maison enclavée partir en fumée. Merci aux
pompiers d'avoir éviter que tout le voisinage ne s'embrase. Cela peut se passer
à n'importe quel moment notamment dans le quartier au sud de la rue des Carmes.
Si vous parcourez les rues des autres capitales régionales, vous verrez que
l'habitat est plus densifié, les rues plus larges, les bâtiments du centre plus
hauts d'un à cinq étages. Ces villes là vivent mieux, leurs commerces sont plus
florissants. Quand elles font le choix du tram, celui-ci passe en site propre
dans des avenues plutôt larges.
Pour ce qui est de la médiathèque, c'est l'exemple même de ce qu'il ne faut pas
faire quand on aime les livres. On a reproduit à l'échelle d'Orléans, la même
erreur que pour la très grande bibliothèque de Monsieur Mitterrand. Les livres
n'aiment pas la lumière, encore moins la chaleur et surtout les variations de
température. Bref on s'aperçoit très vite qu'il faut rajouter les vagues en tôle
sur la façade. Bravo, monsieur l'architecte et madame la conservatrice de
l'époque ! Mais du coup, cela fait exploser le budget d'entretien de la
Médiathèque, parce qu'il faut une nacelle élévatrice pendant 5 jours au moins,
pour venir à bout de la crasse. Et voilà beaucoup d'argent public gaspillé.
Pour le Grand Orléans, au risque de passer pour un radoteur, comme notre ami
Minijack, je maintiens qu'il faut changer de dimension. Bien sûr qu'aucun de nos
hommes politiques actuels ne va proposer de scier la branche sur laquelle ses
petits camarades sont assis. Quoique, le président Doligé soit très fort, dans
ce domaine là, avec son interview de deux pages dans la Rep', pour expliquer
combien il aime Serge Grouard, mais qu'il ne comprend rien à ce qu'il mène comme
politique vis-à-vis du Modem.
Oui, il faut supprimer l'Agglo et faire le grand Orléans, si on veut un jour
ressembler autres capitales régionales. Cela veut dire un seul maire et beaucoup
moins de conseillers (80 suffiraient) pour gérer de façon plus harmonieuse la
vie de 270.000 habitants. Et pas 22 roitelets, qui ne veulent pas de la prison,
mais bien des cliniques...
Fansolo, je vais aimer votre blog, si de tels dialogues peuvent se poursuivre,
sans exclusion, ni invectives."
Ecrit par : Laudes | 04 mars 2008
Réponse à Laudes le 10 mars 2008
À Laudes
Vous me permettrez de ne pas être d’accord quand vous dites que le château de la Motte-Sanguin n’est pas d’un intérêt historique tel qu’il mérite d’être maintenu dans le patrimoine de la ville.
Je vous rappelle, en les soulignant, les propres termes de Monsieur Carré quand il a présenté pour la première fois le projet en cours au conseil municipal (cf le compte rendu du conseil municipal du 25 février 2005 – délibération N° 13
(http://www.ville-orleans.fr/download/conseil-municipal/cr250205.pdf)
« Le site de la Motte Sanguin, qui s’inscrit en bordure des quais de Loire au cœur du projet Loire trame verte, comporte deux bâtiments présentant un intérêt important pour le patrimoine historique :
- un ancien hôtel particulier, bâtiment classé « monument historique » pour ses intérieur et extérieur. Ce château dit de la Motte Sanguin représente le seul patrimoine de facture exceptionnelle à Orléans de cette période de la fin du 18ème siècle. Sans usage depuis son acquisition par la Ville d’Orléans en 1976, son état s’est fortement dégradé ;
- l’ancienne école d’artillerie, actuellement affectée à l’association gestionnaire de l’Auberge de Jeunesse et au Centre Régional Jeunesse et Sports. »
Vous pourrez lire sur le site officiel de la ville que le site de la Motte-Sanguin est riche d’histoire (http://www.ville-orleans.fr/orleans/Hier04_motteSanguin.cfm).
Sur le même site officiel de la ville vous pourrez constater que la ville ment par omission quant au projet qu’elle a concocté en ne précisant pas que la restauration du château sera assurée par le promoteur auquel elle l’aura vendu et que l’aménagement du jardin public se fera au prix de l’amputation, du morcellement et de la dénaturation d’un parc de 7000 m², le plus grand espace vert d’Orléans intra muros, qui a été jardin public jusqu’à ce que la ville ne le déclasse de son classement en « espace boisé à conserver » et n’en interdise l’accès au public il y a trois ans.
Le site officiel de la ville ment aussi par action en indiquant la création de
210 places de parkings pour le programme en cours alors que les permis de
construire sont de 170 places. Je tiens à votre disposition une lettre de M.
Olivier Carré confirmant ce chiffre.
(http://www.ville-orleans.fr/urbanisme/GrandsProjets10a.cfm).
Ne serait-ce que parce que sa charpente est un des tous premiers exemples en France de la reprise du procédé à la Philibert Delorme, oublié depuis son invention au 16ème siècle, cet édifice n’est pas un édifice ordinaire. Ce procédé a ensuite été repris pour les immeubles de la rue de Rivoli à Paris.
Le château de la Motte-Sanguin a contre lui d’être un peu à l’écart du centre ville bien que restant intra muros. Il domine la Loire, haut perché ; pour l’entr’apercevoir du quai il faut lever les yeux ; pour en faire le tour il fallait pouvoir entrer dans le parc, ce que la municipalité actuelle a interdit depuis trois ans. Beaucoup d’Orléanais ne savent même pas qu’il existe ou le confondent avec l’école d’artillerie mieux visible en bordure du quai. Peut être est-ce là une des raisons qui font que bien des gens, et au premier chef notre maire, soient peu sensibles à l’intérêt de le garder dans le patrimoine de notre ville.
Pour ce qui est de l’ancien évêché je suis tout à fait d’accord avec vous, très attaché que je suis à cet autre édifice remarquable et au calme studieux, aux parquets un peu grinçants et à l’odeur de la bibliothèque qui y était installée au premier étage, domaine pendant dix ans et jusqu’à sa mort de Bataille. On aurait pu craindre que dans sa lancée notre maire ne le vende à un promoteur pour le découper en appartements et construire quelques immeubles, pour rentabiliser l’opération, dans son jardin à l’ombre de la cathédrale ! Heureusement il n’a pas osé.
Quant à regretter que le centre historique d’Orléans ne soit pas, comme vous semblez le déplorer, parcouru de larges rues bordées de hauts immeubles…. je ne comprends pas bien. Que serait Troyes sans son cœur médiéval ou, pour prendre l’exemple d’une capitale régionale, Strasbourg sans les alentours tortueux de sa cathédrale et sa Petite-France ? Je ne sache pas que ces quartiers soient pour aucune de ces deux villes des boulets non attractifs sur le plan touristique et au commerce dépérissant.
Le centre historique d’Orléans a retrouvé pour le promeneur ces sept dernières années une belle allure, tout le monde en est d’accord. Mais il ne faut pas bien sûr que cela reste un décor de théâtre. La triste histoire dont vous faites état ne peut-elle conduire certains à se demander si l’action, dont tout le monde peut voir le résultat, de notre maire en faveur du ravalement des façades n’a pas été en fait seulement le témoin d’une politique de façade ?
En ce qui concerne la médiathèque je suis totalement incompétent pour juger de son aspect fonctionnel et ne peut donc avoir sur ce point d’opinion argumentée. Par contre je trouve que c’est un bâtiment contemporain de belle facture, même si je conçois tout à fait qu’il puisse ne pas plaire à tout le monde, et qui remplace plutôt avantageusement l’ancien Hôtel de Police. D’autre part cette médiathèque est sans aucun doute devenue pour les Orléanais un lieu incontournable, riche en évènements ponctuels de toutes sortes.
Votre ambition de faire le « Grand Orléans » en fusionnant les communes de l’agglo est une belle idée. Mais ne croyez vous pas que cette idée est aussi irréaliste, dans l’état actuel des choses, que, par exemple, de regretter que nos ancêtres aient au cours des siècles, par violence, par ignorance ou indifférence, démoli quantité d’édifices remarquables, ou d’imaginer ce que pourrait être aujourd’hui l’attractivité touristique d’Orléans si l’on n’avait au 19ème siècle abattu les fortifications et plusieurs édifices religieux ? Carcassonne ou Avila en bord de Loire, entre Beauce et Sologne, un beau rêve !
Gardons au moins aujourd’hui dans le patrimoine commun le peu qui nous reste de patrimoine historique architectural et naturel au lieu de le brader (quelle petitesse !) à un promoteur et à des investisseurs privés à l’affût de placements assortis d’importantes déductions fiscales !
Michel Coville
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