Alors que
la France va se doter d'hôtels cinq étoiles,
Orléans n'a toujours pas d'établissements
quatre étoiles.
Le plus proche hôtel de prestige est à
Tavers, près de Beaugency, à quelque trente
minutes de la capitale régionale en voiture
!
Dimanche dernier, un arrêté paru au Journal
officiel lançait la réforme du classement
par étoiles, celles-ci ayant perdu de leur
éclat seront toilettées. Objectif : les
rendre plus lisibles pour le client. « Si
l'on veut organiser des congrès
internationaux, ce n'est même pas un
quatre-étoiles qu'il faudrait, mais un cinq
», lance Alain Beignet, le président du
comité régional de tourisme. « Le tourisme
de ville n'est pas mort et si l'on veut le
développer, il faut développer l'hôtellerie
haut de gamme. » À la Motte-Sanguin, face au
pont Thinat, une pancarte continue
d'annoncer, avec photos de prestige à
l'appui : « Devenez propriétaire du premier
hôtel de luxe de la région ». Depuis août
2006, tout est en « stand by » et pas
seulement en raison de la résistance des
riverains.
Pour Pierre Conan, président du Club des
hôteliers d'Orléans (une quarantaine de
membres), c'est la preuve qu'un quatre-
étoiles n'est pas viable. « Ce serait
surfait, il s'agit d'un projet politique,
mais en terme de rentabilité un
quatre-étoiles ne tient pas la route. »
Selon lui, « Orléans n'est pas une ville de
congrès reconnue, et même si elle l'était,
on ne fait pas travailler un quatre-étoiles
sur quelques grands congrès dans l'année ».
Pour Olivier Carré, maire adjoint chargé de
l'urbanisme, au contraire, « il manque un
hôtel de luxe sur un site approprié à
Orléans ».
Quatre pôles hôteliers
Toujours dans le nouvel
arrêté, la catégorie zéro étoile disparaît
pour fusionner avec les « une- étoile ».
Afin de permettre aux hôtels de toiletter
leurs chambres, l'effort de rénovation dans
tous les établissements de l'Hexagone
concernera 600.000 chambres dans 18.000
hôtels qui vont devoir entreprendre des
travaux pour conserver leur(s) étoile(s).
Marie-Christine Pouey dirige La Tonnellerie
à Tavers, près de Beaugency, le plus proche
« quatre-étoiles » d'Orléans. « Lorsque nous
sommes complets, j'envoie très peu les
clients à Orléans. De toute façon, ils ne
remontent pas, s'ils ne trouvent pas chez
moi, ils descendent vers Amboise et la
Touraine. »
Avec ses quatre pôles hôteliers (La Source,
Saran, Saint-Jean-de-Braye
Saint-Jean-de-la-Ruelle sortie autoroute),
Orléans est plutôt bien équipé en deux et
trois-étoiles. « Mais les trois-étoiles ont
déjà du mal, alors un quatre... », dit
Pierre Conan. En revanche, le centre ville
reste le parent pauvre (avec le Best Western
rue de la Rep', le Terminus, les Cèdres rue
du Maréchal- Foch, l'Abeille...). « Un
quatre- étoiles, pourquoi pas, mais s'il
joue dans sa catégorie. Si c'est pour casser
les prix et venir nous concurrencer... »,
dit Dominique Guilgault qui n'est pas loin
de penser que le luxe est un caprice d'élus
qui veulent pouvoir loger « de temps en
temps un général, une star de passage...
Mais le reste de l'année on fait comment
pour amortir l'investissement ? » Pourquoi
pas un petit hôtel de charme en coeur de
ville ? « Oui, à la rigueur, avec quelques
chambres de vastes dimensions, très bon
standing, à 250 € la nuit... Et pourquoi pas
dans un bel immeuble comme celui de la
chambre de commerce », suggère Éric Conan.
L'idée est lancée. Reste à une grande chaîne
comme Accor à avoir le « coup de coeur »
puisque les investissements hôteliers
luxueux se font ainsi, plutôt que par une
étude marketing.
Orléans : plusieurs
dizaines de chambres en projet au quartier
gare
Le gros projet de la
municipalité, en matière d'hôtellerie de
luxe, est à la Motte-Sanguin. DGN
immobilier, le promoteur, explique sur son
site : « 22 chambres et suites 4 étoiles
ainsi qu'un restaurant gastronomique avec
vue sur la Loire ». Il s'agit de transformer
les bâtiments de l'ancienne école
d'artillerie du XIXe qui ont été utilisés
ensuite par Jeunesse et Sport, en hôtel de
luxe. Dans son argumentaire
d'investissement, le promoteur met en avant
les fêtes de Loire à deux pas, mais aussi le
fameux Aréna, le projet tant controversé de
grande salle de sport cher à Serge Grouard.
« Elle ( Orléans) s'ouvre à l'international
grâce aux nouveaux équipements sportifs dont
elle va disposer, comme le complexe de
10.000 places qui pourra accueillir des
compétitions mondiales », poursuit le site.
Depuis août 2006, début du projet, celui-ci
s'est heurté à des oppositions de voisinage.
Les recours ont été rejetés, mais, confie
Olivier Carré en charge de l'urbanisme, « la
solution de ces recours est tombée au plus
mauvais moment, en pleine crise financière
». Outre le promoteur initial, d'autres
investisseurs spécialisés sont intéressés. «
Mais le projet reste viable », ajoute le
député.
L'autre grand projet d'implantation
hôtelière concerne un site qui était devenu
une Arlésienne, celui de l'Artistic,
boulevard Rocheplatte, en lieu et place du
cinéma du même nom. Le conseil général qui
caressait le projet d'y implanter Science po
a été renvoyé à ses études. À l'initiative
de la mairie, c'est un deux-étoiles qui
devrait s'implanter avec 70 chambres. « Rien
n'est signé », dit le maire. Avec peut-être
en prime une brasserie au rez-de-chaussée.
Enfin, en 2011, le grand immeuble qui
bordera la gare d'Orléans comprendra un
Suite hôtel (grouple Accor) de 90 chambres.
En Avignon, le groupe de luxe Mariott vient
de lancer la construction d'un hôtel de luxe
dans l'ancienne prison. Une piste à explorer
un jour à Orléans ?...