Des herbes folles et des champignons... à l'intérieur du château de la Motte-Sanguin
Le site doit être vendu par la ville à un
promoteur immobilier parisien.
Squattés, pillés, dégradés : du sous-sol au
grenier, les étages sont à refaire.
Le château de la Motte-Sanguin doit être transformé en quatre appartement de
luxe. 6000 € environ du mètre carré, murmure-t-on ! Autant dire qu'à ce prix les
transformations devront être radicales.
En poussant la lourde porte de fer
forgé, désormais fermée à clef et protégée d'un grillage vert, le visiteur -
casque obligatoire sur la tête - est sitôt mis dans l'ambiance : ici, deux
vasques abîmées; là, un parquet arraché; à l'est, une cheminée désormais béante;
au sud-ouest, une partie étayée. Seul vestige d'une demeure prestigieuse, dont on
devine le charme d'antan malgré les ravages : les moulures du plafond.
Il faut monter un étage, par l'escalier monumental, pour découvrir de belles sculptures murales dans l'ancien salon de musique - mais qu'y font deux tables d'élèves - ou l'ancienne chambre nuptiale aux jolies formes arrondies,communiquant sur une anti-chambre pour domestiques. La décrépitude laisse entrevoir des toiles de jute d'époque derrière la tapisserie déchirée. Dans un recoin de cet étage trône une baignoire émaillée. Une applique, de la faïence et des dalles de sol témoignent d'un passé plus récent.
On monte de nouveau un étage, en faisant attention aux morceaux de corniches tombés sur les marches. Les pièces sont plus petites et les plafonds ne sont pas moulurés : les chambres étaient réservées autrefois aux domestiques. Dans une pièce particulièrement détériorées, des herbes folles et quelques champignons... L'odeur de moisi gagne.
Dernier étage, le plus insolite, dévoile la charpente en forme de coque de bateau renversé : une grande partie a été rénovée, mais il reste, noirci, du bois d'origine. Un mini escalier mène à une trappe ouvrant sur le toit : il existait autrefois un belvédère, aujourd'hui disparu. Interdiction de s'avancer plus avant sur le coté sud : les pavés déjointés menacent de s'écrouler. Posé contre la charpente, un cadre brûlé. "On l'a trouvé par terre, avec, au sol, des bougies disposées en étoile, un peu comme une scène satanique", commente Paulo Pereira, du service du domaine communal de la mairie. Il faut dire qu'à une époque pas si lointaine, le lieu était squatté tous les quatre matins, du sous-sol - où se trouvaient les anciennes cuisines, la chaudière, la cave à charbon et la cave à vin (vide !) - au grenier. Depuis un an et demi la ville est moins sollicitée. Il faut dire qu'il ne reste plus rien à piller !
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De gauche à droite
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