La République du Centre - 9 mars 2005

Avec Michel Coville, riverain opposé au projet actuel de réhabilitation du site de la Motte-Sanguin

"La municipalité vend son âme au diable"

Vous avez lancé une pétition contre le projet présenté par la mairie de réhabilitation du site de la Motte-Sanguin. Qu'est-ce qui vous choque ? 
Je suis de ceux qui pensent que la municipalité vend, en quelque sorte, son âme au diable. Je ne suis pas le seul puisque j'ai fait signer une pétition qui a, pour l'instant, recueilli près de cinquante signatures. ça fait effet boule de neige. La nécessaire réhabilitation du site de la Motte-Sanguin ne doit pas être réduite à une opération purement immobilière et privée. Le projet de la municipalité revient à déposséder les Orléanais d'un des rares espaces verts (actuellement classé espace boisé) d'Orléans intra muros et d'un édifice classé monument historique. Hormis un cheminement piétonnier, seule une minuscule poignée d'investisseurs (quatre appartements §), qui ne seront pas des smicards, pourra jouir de cet édifice et de son vaste parc. Les pétitionnaires réclament un projet mixte, avec maintien du  parc pour les Orléanais et les futurs habitants.

Mais ne vaut-il pas mieux une telle réhabilitation plutôt que de laisser encore le château, très délabré, à l'abandon ?
C'est vrai que ça enlève un boulet à la municipalité. Sur la nécessité de réhabiliter ce site, et en particulier le château laissé au vandalisme depuis trente ans, tout le monde tombera d'accord. Il faut savoir gré à la municipalité de s'en préoccuper. Tout le monde sera d'accord aussi avec l'objectif clairement affiché par la municipalité de mettre en valeur les bords de Loire. Mais faut-il pour autant que, pour ce faire, la ville vende à un promoteur la quasi totalité de ce qu'elle possède dans ce secteur, contenant et contenu ?
N'agit-elle pas plus comme gestionnaire d'un patrimoine privé soucieuse de se débarrasser de bâtiments dont elle ne sait que faire tout en réalisant une fructueuse opération, qu'en garante du bon usage d'un patrimoine collectif ?

Vous réclamez une deuxième réunion publique, mais n'est-ce pas trop tard ? 
Oui, c'est tard, mais, s'il y a une mobilisation, on peut avoir l'espoir que la municipalité arrête de traiter cette question au pas de charge. Olivier Carré a accepté le principe d'une deuxième réunion publique. Nous voulons que ce ne soit pas une grand-messe mais une véritable réunion de concertation. Malheureusement, le conseil municipal de février - et non de mars comme prévu au départ - a approuvé la vente de la totalité du site. Malgré cette délibération, les choses ne sont pas jouées, ne serait-ce que parce que le projet nécessite une modification du du plan d'occupation des sols. J'alerte les associations. Je n'exclus pas d'aller devant le tribunal administratif. L'avenir du site mérite qu'on prenne encore un peu de temps pour y bien réfléchir.


Mince cheminement

Michel Coville n'est pas choqué que la valorisation des terrains et immeubles de l'ancienne école d'artillerie (avec hôtel et restaurant) soit confié à un promoteur. Mais il est surpris que le même promoteur s'occupe de la valorisation du château et de son parc. Il ne restera plus dans le domaine public qu'un "mince" cheminement qu'il faudra reboiser, joignant le fond de l'impasse Notre-Dame-du-Chemin à un belvédère situé à 2,5 mètres en contrebas de la limite sud actuelle du parc. UN cheminement, du fait d'un dénivelé trop important, non accessible aux handicapés et aux poussettes. Michel Coville réclame aussi le maintien du passage transversal possible actuellement entre la rue de Solférino et le boulevard de la Motte-Sanguin.


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