La République du Centre - 17 août 2004

Le château de la Motte-Sanguin au centre de projets immobiliers

Plusieurs dossiers sont examinés par la ville qu tranchera à l'automne.

Un hôtel de standing aboutirait à l'indispensable restauration du bâti.

"Comment savez-vous cela ? J'apporte tout démenti sur le  sujet. Rien n'est fait", semble s'offusquer Olivier Carré, maire adjoint, quand on l'interroge sur le devenir du château de la Motte-Sanguin et sur l'espoir d'un particulier d'en faire un hôtel de luxe.

L'élu qui parle de "rumeurs" convient que la très belle propriété sise sur 7322 m², à l'extrémité est du quai du Fort Alleaume et surplombant la Loire, mérite un meilleur sort. "C'est un souhait qui a déjà été exprimé, notamment par le maire. Il considère à juste titre que le site est resté trop longtemps à l'abandon."

L'ensemble immobilier, dont les origines remonteraient au XVIe , est constitué de deux belles bâtisses. Sur la butte, cernée de palissades grillagées afin d'interdire tout accès au bâti sérieusement dégradé, la première construction trône tristement au milieu d'un jardin public. En contrebas, l'autre abrite l'auberge de jeunesse du Centre Régional de Jeunesse et Sports (CRJS). Moins dégradées que la première, cette bâtisse souffre néanmoins. Il suffit de voir dans quel état se trouvent les balustres du perron en pierre faisant face à la Loire pour comprendre...

Plusieurs projets en lice

Olivier Carré reconnaît qu' "effectivement, plusieurs projets ont été présenté à la ville. Charge à nous de les examiner, avec l'architecte des Bâtiments de France. Sachant que rien ne sera arrêté avant octobre-novembre". Autant d'approches et de négociations auxquelles les professionnels du tourisme souhaiteraient vivement être associés. Le maire adjoint poursuit en soulignant la complexité du dossier : "Ce site n'est pas neutre. La partie basse est occupée par l'auberge de jeunesse. Il nous faut, avant toute chose, voir où et comment leur offrir un autre site. Par ailleurs, quid du petit jardin public qui existe dans la partie haute ?"

La ville serait-elle prête à céder pour l'euro symbolique tout ou partie de la propriété à qui s'engagerait à la restaurer ? "Nous vendrons dans les meilleures conditions financières possibles", rétorque l'élu. Ce dernier convient qu'au vu des projets de l'Agglo sur l'aménagement de l'écluse du canal et de la Loire, de toutes les animations qui en découleront, l'emplacement est stratégique, "même si la présence du pont Thinat peut constituer un point noir pour un hôtel".

Pour ce qui est du standing du futur hôtel, Olivier Carré s'interroge quant à l'utilité d'un "4 étoiles" : "Ce type d'établissement a-t-il sa place à Orléans ? Je n'en suis pas convaincu."

Une certitude, la profession veille à ce que le lieu ne soit pas dédié à des résidences hôtelières. "Ce type d'activité n'est pas soumis à l'aval de la commission départementale d'équipement commercial (CDEC) alors que cette dernière doit donner son aval pour la création d'un hôtel. Et il n'est pas rare que ces résidences, quand elles périclitent, deviennent de simples appartements. Et de cela nous ne voulons pas pou la Motte-Sanguin.


QUESTIONS SUR

La réelle nécessité d'un "quatre étoiles"  Bernard Quartier, président des métiers de l'hôtellerie.

"Les retombées iraient à la ville tout entière"

Un hôtel quatre étoiles a-t-il sa place sur Orléans ?
Oui, c'est certain. Sur l'emplacement de la Motte-Sanguin ou ailleurs. Ce qu'il ne faut pas c'est un quatre étoiles "déguisé", avec des prestations qui ne seraient pas à la hauteur. Pour qu'un établissement de standing séduise, il faut respecter les normes et bien davantage.

La profession n'est pas favorable à de la résidence hôtelière. Pourquoi ?
La résidence hôtelière, ce n'est que de la prestations de services. Cela ne crée pas d'emploi. Et ce n'est pas de l'hôtellerie comme nous l'entendons.

Et un hôtel quatre étoiles créerait-il des emplois ?
Assurément. Les retombées iraient à la ville tout entière. Et notamment à la restauration. Sachez que les deux tiers des clients d'un hôtel se restaurent à l'extérieur.

Un investisseur peut-il être séduit par semblable emplacement ?
Je me souviens que la précédente municipalité avait songé à céder le seul château du haut contre le franc symbolique, à qui en assurerait la restauration? Ils n'avaient pas trouvé preneur. Quant à savoir s'il serait préférable de confier le dossier à un groupe ou à un particulier, là, c'est la liberté d'entreprendre...


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