La République du Centre - 20 avril 2005

Divergences autour du projet hôtelier à la Motte Sanguin

La profession considère que seul un "4 étoiles" s'impose en cet endroit.

Le maire calme le jeu et promet bien une hôtellerie de standing.


Le devenir du château de la Motte-Sanguin est un sujet qui prête volontiers à polémique.
Petit rappel : depuis 1972, la propriété installée aux abords du pont Thinat, quai du Fort Alleaume, appartient à la ville d'Orléans.
Sur un parc d'1,3 ha, l'ancienne artillerie, bâtiment en pierre de taille de 1876, abritait des structures de Jeunesse et Sports. Dans la partie haute, le château, classé monument historique, tombait en décrépitude.
Pour réhabiliter l'ensemble, la municipalité vient de confier le dossier à un opérateur parisien; OGIC (notre édition du 7 février). D'ici à 2008-2009, le promoteur réaliserait quatre appartements dans le château restauré et 90 appartements de style verraient également le jour (commercialisés 3000 € le m²). Dans la partie basse, l'ancienne artillerie abriterait un hôtel "3 étoiles plus" de 80 chambres.

"Ne pas être placé devant le fait accompli"
C'est là que le bât blesse. Pour les professionnels orléanais de l'hôtellerie, un "4 étoiles s'impose en cet endroit.
Bernard Quartier, président départemental de l'union des métiers de l'hôtellerie (UMIH45) s'en explique : La clientèle existe : industriels, artistes de variété en tournée, hommes politiques en meeting, etc. N'ayant pas de "4 étoiles" à ce jour, ils remontent sur Paris. Cet établissement de standing peut drainer clientèle mais aussi professionnels, comme un chef étoilé, par exemple (..). Parler d'un "3 étoiles plus" est une supercherie puisque cela n'existe pas dans la nomenclature officielle. Dans le cas présent, l'arrivée d'un nouveau "3 étoiles" prendrait la clientèle aux établissements existants. On déshabillerait Pierre pour habiller Paul."

Face au projet, la profession parle de "nébuleuse" et n'entend pas être placé devant le fait accompli. "Au titre de la commission départementale d'action touristique (CDAT), nous agirons pour éviter un non-sens qui serait préjudiciable à la profession hôtelière d'Orléans tout entière", ajoute Bernard Quartier.

S'ajoute à cela le fait que l'enceinte de la Motte Sanguin compterait une casemate enterrée du  XVIe siècle, identique à celle que Jean Dedieu avait révélé voilà un an, quai du Fort des Tourelles et que l'Agglo entend valoriser. Un bijou historique qui pourrait, sinon contrarier, du moins retarder le projet hôtelier.

Serge Grouard : "Un problème de sémantique"

Contacté, hier midi, le maire Serge Grouard "rejoint totalement la profession dans son vœu d'une hôtellerie de gamme supérieure. L'établissement aura le standing d'un "4 étoiles"  en terme de chambres, de réception. Mais n'en offrira pas toutes les prestations, notamment en matière de personnel, pour des raisons de rentabilité. On est face à un simple problème de sémantique. Maintenant si ceux qui critiquent veulent s'investir sur un 4 étoiles" , qu'ils se fassent connaître !".

Après avoir rappelé que la Motte-Sanguin était à l'état d'abandon depuis plus de trente ans, qu'aucune municipalité ne s'était jusque-là penchée sur le dossier, le maire considère que "c'est une belle affaire pour la ville d'Orléans".

Pour d'éventuelles richesses historiques enfouies, "des fouilles sont prévues réglementairement. Les personnes compétentes examineront cela".


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