Libération - 4 octobre 2005

Mourad Guichard - Article paru dans l'édition du 04 octobre 2005 - Libération


Orléans brade son passé
Des associations dénoncent la vente et la démolition des bâtiments anciens

Orléans correspondance

Ce fut d’abord la vente du prestigieux château de la Motte-Sanguin, ancienne résidence de Philippe Égalité, duc d’Orléans (Libération du 20 avril). Puis la destruction programmée d’une façade de style moderne contemporain au prétexte d’aligner la bâtisse sur le reste de la rue. Enfin, durant les vacances d’été, le lancement d’un appel d’offre pour se débarrasser de l’Hôtel de Sancerre (ou maison des Chanoines), témoin de la richesse médiévale du centre ancien d’Orléans.

Une logique de cession du bien public que nombre d’associations dénoncent. Pour Alexandra Fleury, présidente de Patrimoine et Avenir de l’Orléanais, une question de cohérence politique se pose : « Orléans cherche à recevoir le label Ville d’art et d’histoire, mais elle se prive là d’une occasion unique de mettre en valeur son patrimoine », regrette-t-elle. La municipalité justifie ces ventes par le souci d’entretenir le restant ». Mais à ce rythme, que va-t-il rester ?

Camille de Singly, jeune diplômée de l’École du Louvre, esst à l’origine d’une pétition visant à sauver la façade d’un cinéma des années 50, »témoin de la période de reconstruction. L’idée de vouloir tout aligner à l’identique me paraît outrancière. C’est de la différence architecturale au cœur d’un même périmètre que naît la vraie richesse ». À ces arguments esthétiques et philosophiques, les élus opposent « le nécessaire respect du cahier des charges rédigé par l’architecte des bâtiments de France ».

De son côté, la direction régionale des affaires culturelles (Drac) de la région Centre se contente d’enregistrer les demandes de la mairie, n’ayant, sur ces sujets, qu’un rôle consultatif. En apparté, un cadre de la Drac croit cependant déceler « les affres d’une décentralisation mal gérée, laissant aux élus locaux un pouvoir surdimensionné ».

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